lundi 14 juin 2010

Cogito ergo sum


"Je pense donc je suis"... Mais quel bullshit monumental nous a pondu là René Descartes, le père du Discours de la Méthode!

Je pense donc.. je pense serait plus juste: je pense donc je vis, donc je réfléchis, donc j'intellectualise... Beaucoup même, trop sans doute...

Je suis quelqu'un de philosophe, capable d'argumenter sur la pluie et le beau temps, capable de discuter littérature, sondages politiques, musique, voyages. Engagée, et passionnée, je n'ai aucune peur, aucune angoisse à mettre mon coeur, mon âme sur la table pour défendre mes idées, mes convictions. Mais je suis aussi une professionnelle de la communication, capable de modeler et de construire une image auprès des différents publics, auprès de multiples interlocuteurs.

Adapter mes messages, mes discours, mon image est ma mission professionnelle et personnelle au quotidien. Polyvalente et diplomate, je sais être aussi caméléon et maieutiste douée d'empathie pour mes proches, du moins je l'espère assez pour ne pas les laisser sombrer dans la folie...

Reconnaissance, appartenance, ego représentent très certainement les moteurs de mon existence. Mais c'est avec lucidité et franchise que je tente au quotidien de faire front à la bétise de la condition humaine. Métaphysique à mes heures, je pense être sortie des chemins trop courts du jugement pur et arrété, tellement mon propre jugement sur mon existence peut-être sévère, amer et glacial. Car sans un minimum d'ambition, l'existence a tout simplement un gout fade, une vie sans saveur et sans objectifs, une vie sans réussite en somme...

Oui des 6 milliards d'individus qui partagent cette planète, je n'en suis qu'une infime partie. Mais c'est moi, juste moi... A qui je dois prouver tous les jours le meilleur de mon âme... Mais face à un juge aussi exigeant, la tâche n'est pas évidente et frôle même l'impossible.

mardi 1 juin 2010

Feeling closer to Heaven




Selon l'expression consacrée, la musique adoucit les moeurs...

Mais certaines chansons nous marquent plus que d'autres, certains morceaux nous bouleversent au point de nous transporter près des cieux, au point de pouvoir toucher du bout des doigts des êtres doués d'une sensibilité hors norme...

En me rendant au concert d'Alicia Keys, qui se produisait au Palais Omnisport de Bercy dans la cadre de sa nouvelle tournée Freedom Tour, je ne pensais réellement pas me prendre un tel tsunami de kiffation... Pourtant habituée des concerts que je suis, c'est toujours avec un profond émoi que chacun de ces évènements a le don d'aller puiser au fond de ma sensibilité pour me bousculer au final.

Malgré un concert de haut vol, s'il est un moment que je retiendrais, LA chanson qui m'a fait basculé est incontestablement "Unthinkable" du dernier album "Element of freedom". Sur fond de mélancolie et de nostalgie, Alicia nous plonge dans un monde presque paranormal et métaphysique.

Il faut alors s'imaginer dans un lounge, dans l'un des nombreux gratte-ciels new-yorkais. Big Apple en regorge par milliers, depuis la construction de cette mégalopole. Il est aux alentours de 17H, le temps de prendre une pause café/thé/détente dans une journée de boulot passée entre coups de fil, réunions et autres rendez-vous. Approchez-vous de la baie vitrée donnant sur 5th Avenue, l'avenue la plus clinquante de tout New-York, sur laquelle se bousculent les marques les plus prestigieuses (Dolce et Gabbana, Chanel, Hogo Boss etc...).

Le temps d'une pause dans cette vie à 300 à l'heure, on remarque qu'il fait gris, quelques gouttelettes tombent par intermittence sur la ville qui ne dort jamais. Et alors, on assiste à un spectacle, en observant son environnement: tiens le monde d'en bas est en train de s'agiter. Ces êtres humains d'en bas perdus dans leur folie, dans la petitesse de leurs ambitions avortées... On contemple d'une manière détachée les joies et les peines de ses congénères, on absorbe leurs sentiments de manière égoiste, leurs bonheurs, leurs peurs, leurs espoirs et craintes... On rigole à pleins poumons à voir une pétasse s'étaler de tout son long à trop vouloir se la raconter avec ses escarpins Prada, qui ont fini par se casser, là en public. Mais en tournant la tête, plus loin, on se rend compte à quel point on peut être profondément révolté de voir un enfant mendier avec son père sur le trottoir, à quelques mètres de l'Apple Store, devant cette foule de touristes, trop occupés avec leurs achats d'Abercrombie...

Thanks for everything Alicia...

vendredi 21 mai 2010

Numéro de claquettes hollywoodien dans les hautes sphères de la biologie médicale


20 Mai 2010 : journée ensoleillée à Paris, la ville-lumière mondialement reconnue pour son patrimoine culturel. Depuis quelques jours, le ciel gris, les nuages et la pluie dominent le climat parisien mais en ce jour de Saint Bernardin (si si ! C’est bien ce qui est indiqué dans l’éphéméride officiel), notre cher Michael Chaquin est en pleine ébullition. Michael Patrick Chaquin, connu sous différents pseudonymes (Fred Astaire, Dexter Morgan, Gregory House, Diana Ross, Jean-Eudes habitant dans l’aile ouest de la demeure familiale…), est sur le point de clôturer un chapitre de sa vie, pour en ouvrir un autre.

Oui, l’heure de la soutenance de sa thèse en biologie médicale est finalement arrivée. Longtemps fantasmée, attendue et paradoxalement redoutée, la soutenance de thèse est l'épreuve universitaire concluant la thèse de doctorat. Récompensant des années de travail de recherche, il s’agit d’un exercice de présentation orale à l’issue de laquelle le titre honorifique de docteur est attribué au thésard. Encadré et codifié selon des préceptes centenaires, le processus arrive enfin à son terme. En tant qu’invitée sélectionnée pour faire partie du public je ne pouvais évidemment pas rater cet évènement, sous peine de me prendre de front les foudres du doctorant en question…

Allez, en route!

Après quelques déboires et accrochages au boulot, je parviens finalement à partir aux alentours de 16H00 (la présentation commençant à 16H30) de Madeleine. Entre 2 RDVs, un peu (beaucoup) de management interne et énormément de stress, je sors finalement de mes locaux, mais dans un état d’énervement proche de la rupture d’anévrisme… Heureusement que mon soutien moral, ma très chère Linda, était venue en renfort pour non seulement m’aider à canaliser l’énergie négative accumulée depuis le matin, mais également pour m’éclairer, profane que je suis, sur les tenants et aboutissants de ce périlleux exercice. Prise dans les bouchons entre Madeleine et le Luxembourg, c’est toujours dans ces moments-là qu’on est forcément hyper pressé, que le temps manque cruellement et que, ÉVIDEMMENT, cette chère Police municipale de Paris décide de créer des déviations saugrenues de dernière minute…. Zigzaguant entre les voies de circulation bouchées, les voies de bus réservées, poussant même le vice jusqu’à faire des queues de poisson à nos chers agents de la Maréchaussée, c’est finalement avec un quart d’heure de retard qu’on finit par y arriver. Mais une question d’ordre social, logistique et existentiel se pose : aura-t-on le courage d’entrer dans la salle, de façon effrontée et totalement en retard ? Ben oui, allez, soutenons Mike jusqu’au bout, et tant pis pour la honte…

Oui car il faut l’avouer, l’affiche on y a eu droit en entrant telles des fleurs, sourires figés dans cette salle remplies de têtes plus ou moins connues, mais tous réunis pour un même objectif : voir en direct la démonstration. Dans cette épreuve institutionnalisée qu’est la thèse de soutenance, on a tout de même réussi à taper un peu dans la fourmilière avec cette entrée sommes toutes très peu corporate…

En piste: River Dance show is coming...

Donc reprenant son discours après un bref sourire et surtout après avoir été dérangé, notre thésard continue sur l’objet du débat : une méthode d’analyse prédictive du myélome (cancer de la moelle osseuse en gros…). Malgré quelques toux intempestives (arf je parle trop, vite il me faut de l’eau pour la gorge), un visage virant au rouge par moments (dis-donc avec ce stress, il faut hyper chaud dans la salle), des bégaiements (je suis trop concentré, je parle d’un truc et je réfléchis à un autre = résultat : confusion des cerveaux droit et gauche) et des brefs trous de mémoire (pas assez dormi, donc cerveau pas à 3000 %), c’est avec brio et une grande maitrise que Mike nous a fait sa présentation.

Gammapathies monoclonales dites de signification indéterminée (MGUS), plasmocytes marqueurs diagnostics CD 117 et immunoglobuline entrent dans cette danse millimétrée à coups de powerpoint et lasers pointés sur les schémas et résultats d’analyse. Et ce durant plus d’une heure, rythmée entre présentation et questions du jury de thèse. Après une interlude de quelques minutes, c’est enfin la délivrance : la présidente du jury décerne à notre étudiant trentenaire le titre tant convoité de docteur, récompensant ainsi la portée de ses travaux et l’investissement de plusieurs années.

C’est donc autour d’une excellente coupe de champagne (ou plus) que famille, amis et proches célèbrent cette étape, ce jour où Mike est passé docteur, après un grand show de claquettes dignes d’Hollywood Boulevard.

L'édito de la rédaction

Michael, depuis le temps que je te connais (on ne se connait pas du bac à sable non plus hein ?!), tu as passé la moitié du temps à bosser dessus. Je me souviens de ces dimanches sacrifiés à retourner à Necker pour rassembler les données des patients étudiés.

Il y a même une soirée durant laquelle nous avons débattu sur la méthodologie entre sciences sociales et sciences exactes, des soirées où j’arrivais à moitié bourrée (suite à un évènement pour le taff ou autre apéro improvisé avec des amis) et toi penché sur tes graphiques, articles en anglais dans Sciences ou autre publication scientifique…

Alors oui, je n’ai pu assister qu’à une partie de l’élaboration de cette étude. En étant totalement transparente, je dirai même que le sujet m’échappe totalement. Pour moi, si les enjeux sont saisis, c’est le principal, après la technique euh… je sèche… (NDLR : si j’ai fait Sciences Po, justement c’est pour éviter les maths…)
Mais maintenant, à terme je dirai, ton expérience dans ce domaine ainsi que ton esprit d’analyse se font affutés au fil du temps.

Malgré les bouses musicales que tu me forces à écouter le soir pour que le lendemain matin, au réveil, je me lève avec Frankie Vincent ou NKTOB dans la tête (…), je félicite ton courage et ta détermination. Et même si mon opinion n’a strictement aucune valeur scientifique, ton travail et ta volonté ont gagné tout mon respect et ma profonde estime.

Sincèrement,

Nina

lundi 8 mars 2010

Dictionnaire des acronymes

FPPx: Fétichiste des Pures Peaux X. Un FPPx est un individu dont la reproduction physique passe obligatoirement par un processus de sélection basé sur la couleur de peau. Admiratifs devant la culture, les traditions, le folklore et généralement l'ensemble des constructions sociales souvent fantasmées, les FPPx se fixent comme objectif de s'accomplir personnellement à travers leurs substituts, faisant également office de victime.

Ainsi il existe à travers le monde les FPPJ (Fétichistes des Pures Peaux jaunes) vouant un culte au continent asiatique, entre mystère et bouddhisme. On peut également dénombrer les FPPN (Fétichistes des Pures Peaux Noires), éblouis par les sons caribéens / africains et la culture sous-jacente, tentant de maîtriser le tam-tam à tout prix. Plus discrets, les FPPL (Fétichistes des Pures Peaux Latines) entretiennent une forme de vénération pour l'Amérique Latine, la salsa, le merengue, la samba et l'esprit de fête censé animé ce continent.

OKE: Over Kiffation Extrême.
Définit un état mêlé d'extase, de bonheur intense et d'implosion quasi-orgasmique. Un état OKE est souvent provoqué par une annonce, une situation dans laquelle contenir sa joie et ses sentiments serait simplement absurde, voire même dangereux pour l'état mental de l'individu ainsi pris soudainement d'OKE. Antonyme: CCP, Casseur de C***** Professionnel

RPF: Relations Publiques Familiales. Qualifie une situation dans laquelle un individu est confronté à sa famille proche et doit représenter fièrement l'honneur de la fratrie, et ce quelque soit son état psychologique du moment.

En mode RPF, le sujet est sorti de son contexte socio-professionnel habituel, pour s'adapter dans un environnement pré-construit par cette unité sociale qu'est la famille.

RDF: Relations Diplomatiques Familiales. Comportement à adopter en cas de RPF de crise. Tout individu adoptant ce mode est potentiellement éligible au poste de médiateur de conflits au Moyen-Orient.

RPPA: Relations Publiques Pseudo Amicales. Se dit d'une situation dans laquelle 2 individus sont contraints de se côtoyer en société et de présenter la meilleure image d'eux-mêmes, au nom de l'intérêt général, malgré leur volonté commune d'en découdre. Une autre variante de ce mode, à savoir le FCA (NDLR: Faux-Cul Absolu) peut être également employée.

PQF: Plan Q Foireux. Se dit d'une relation basée uniquement sur le sexe, comme seul élément d'échange. Évidemment, les 2 partenaires (ou plus) sont conscients de l'état de cette relation. Le côté cérébral étant totalement absent, car fondamentalement inutile. (NDLR: bien que le mot "cul" signifiant l'arrière-train commence par un "C", troisième lettre de l'alphabet, l'acronyme PQF a été volontairement choisi afin de ne pas confondre avec le PCF, Parti Communiste Français). Antonyme: RCS, Relation de Couple Suivie.

PDL: Pute De Luxe. Se dit d'une personne qui se fout ouvertement de la gueule du monde, mais le revendique haut et fort. Antonyme: PAF (Pute A Frange). Plus la PDL brille en société, mieux elle assume.

PAF: Pute A Frange (NDLR: à ne pas confondre avec Paysage Audiovisuel Français) Se dit d'une personne qui se fout ouvertement de la gueule du monde, mais sans rien assumer, en se cachant dans le répertoire de l'auto-justification. Le déni et l'aveuglement les plus extrêmes sont principalement concentrés dans la frange.

vendredi 12 février 2010

Dédicace aux managers


Aujourd'hui, je tenais à saluer tout particulièrement des personnes charismatiques autour de moi. Pas n'importe quels individus, non je vous parle de personnalités hors norme avec qui une alchimie se crée, une fusion s'opère sur fond de respect mutuel et sincère Ces personnes là sont des anti-thèses de l'anonymat et de la banalité. Elles traversent notre existence et nous marquent par leur aura.

Je veux parler de ces personnes rencontrées par cercle d'amis interposés, ces personnes dont nous savons qu'un jour nous allons rencontrer leur chemin.

Domi : tel un courant d'air, il est difficile de l'attraper. Mais chaque instant passé avec lui est un moment d'admiration inoubliable. Synthétique, philosophe, bon vivant mais surtout stratégique, Domi est le genre de personne dont le métier est de gérer les relations humaines, de régler les conflits tel un médiateur envoyé en mission au Moyen-Orient. A ses côtés, j'ai pu beaucoup apprendre sur la façon de gérer une équipe, se confier et lui demander un peu de son courage pour affronter la vie au quotidien. Mais au delà du simple aspect professionnel, Domi est avant tout un ami, d'une qualité rare, discret, observateur mais franc, honnête et décidé. Ce genre de personne à qui on peut laisser toute la politique d'un pays.

Ricardo: lui c'est l'équilibre et la lucidité réincarnés dans une seule personnalité. Tantôt ange, tantôt démon, Ricardo est un peu tombé par hasard sur Terre pour y trouver les côtés les plus obscurs de la pensée humaine, comme pour crier à gorge déployée toute la beauté de l'existence. Ricardo, lui c'est tout l'instinct humain de destruction, mélé à une pulsion de vie impressionnante et brutale.

Dan: lui c'est la force tranquille, l'expérience et la sagesse. Puits de connaissance sans fond et grand orateur, Dan fait sans doute partie de ces derniers représentants de la passion et de la raison sur notre planète. Et malgré la timidité et la retenue dont il peut faire preuve, la présence qu'il dégage autour de lui n'a d'égal que son authenticité et son amour pour le hip-hop notamment.

Messieurs, merci.

samedi 6 février 2010

Live for passion


D'origine laotienne, ayant grandi en France, je fais partie de cette nouvelle génération Benetton, aux confluents de multiples cultures. Asiatique (laotienne, vietnamienne et chinoise), d'une part car les traditions ancestrales m'ont été léguées par ma famille et mes proches, et ce malgré le traumatisme de la guerre d'Indochine. Occidentale d'autre part, car l'intégration à la société française fut un facteur déterminant pour pouvoir s'épanouir socialement et professionnellement, dans la construction de cette ancienne Communauté Économique Européenne bouillante à l'époque.

Mais ma vie a définitivement marqué un tournant lorsque j'ai rencontré LA passion, celle du hip hop. Au delà d'un simple mouvement de mode, le Hip Hop véhicule une véritable culture.

Et ce ne sont pas des expressions telles "zarma", "racailles" ou "wesh wesh", totalement stupides, qui parviendront à catégoriser le mouvement Hip Hop comme vulgaire, inélégant ou trivial. Considérer ce genre de phénomène sociétal comme un simple caprice d'intellectuels en mal de sujet de dissertation serait faire offense à des codes, des gestuelles, une philosophie de vie qui aujourd'hui touchent des millions d'individus à travers le monde.

Non!!!! Je m'insurge devant tant de connerie et de merdes intellectuelles! Parce que le hip-hop, et particulièrement la musique, c'est ma passion, que j'essaie de faire partager à ceux qui voudront bien écouter mon discours et mes messages. Parce que comme toute passion, elle n'est vivante et unique que si elle est portée, tel un flambeau, tel un message ou un discours politique auprès d'un public.

Mais pour que les orateurs et les kiffeurs de son que nous sommes, nous savons bien que la musique, et l'adoration que nous lui portons, a pour corollaire la solitude. Et oui, en avançant dans la vie, on se rend compte que nous avons une compagne obscure, tapie dans l'ombre mais bien présente: la solitude. Qu'on la subisse ou qu'on aille à sa rencontre, cette dame cachée au plus profond de chacun d'entre nous a autant de légitimité, au point qu'elle est venue s'inscrire dans le génome de notre existence.

Mais dans les moments de détresse dans lesquelles elle s'exprime le plus, nous avons également comme autre ressource, son alter ego: la passion. Si l'une prouve toutes les difficultés de vivre et exprime la douleur d'être sur Terre, l'autre éclaire, soulage, adoucit les blessures que la première a pu commettre en y apportant un fragment de bonheur.

Oui, dans cette grande comédie qu'est la vie, malgré les difficultés qui nous sont propres, la passion est bel et bien présente pour nous réfugier en son sein. Mon adoration pour la musique Hip-Hop n'est donc pas anodine: tantôt triste pour nous accompagner dans des moments de crise existentielle, tantôt festive et joyeuse pour croquer la vie à pleines dents, tantôt reposante, à savourer avec un bon verre de vin. Pour chaque situation de la vie, il y a une chanson de hip-hop qui lui répond, pour illustrer notre état d'esprit du moment.

Parce que la musique fait partie de notre existence, parce qu'elle est ancrée au fond de notre âme, parce qu'elle est l'enfant que nous portons en nous dès notre naissance... Pour tout ce qu'elle représente, c'est-à-dire à notre appartenance au genre humain... Je remercie le hip hop d'avoir un jour croisé mon chemin pour ne plus jamais me quitter.

Enfin, dans ce combat pour la survie de l'authenticité du hip hop, je tenais à faire une "Spéciale dédicace" à mes frères d'armes: Dan et Ricardo notamment. Grands philosophes devant l'Eternel et véritables Bibles du R&B, Hip-Hop, New Jack, Soul et Nu-Soul, c'est à travers leurs mots, leur connaissance, leur culture et leur charisme que je puise mes mots, mon expression et la force d'assouvir ma passion.

Mais parce que mon ivresse pour la musique n'a pas de limite, je sais également que cet article pourra, contrairement à d'autres, s'écrire sans fin tellement mon âme, mon esprit et mon corps ont fusionné avec le hip hop qui bouillonne dans mes veines.

C'est donc armée de quelques mots que je tente de lui rendre hommage, pour honorer du mieux que je peux cette rage, cette fièvre, cet amour, cette passion pour la musique et le hip hop . Passion qui, je l'espère, me transcendera au delà de la mort.

dimanche 31 janvier 2010

Desperate adults...


En dehors des scénarios d'Hollywood et des superproductions américaines, il est des vies sur le petit écran qui se transposent dans la réalité...

C., A., Y. et L. ont décidé de donner un coup de main logistique en ce jour d'hiver glacial. En effet, aujourd'hui, nos 5 amies se retrouvent pour préparer le déménagement de N., cadre dynamique trentenaire. C, son amie blonde, fera partie de son voisinage, à moins de 5 minutes à pied est venue en renfort, accompagnée de L, A. et Y.

Rejoins par J., seul mâle du groupe, toute la petite troupe s'affaire à déposer les cartons, dans ce nouveau lieu de vie. Après l'effort vient le réconfort: petite bouffe chez C., pour une autre soirée entre papotage, confidences entre amis, introspection et autres questions existentielles.

Car derrière cette apparente joie de vivre se cachent des blessures, des écorchés que la vie a laissé sur le bord de la route, en proie à leurs propres fantômes.

Jeune cadre dynamique, la belle et intelligente L.est la définition même de la pulsion de vie de Sigmund Freud. Après plusieurs années passées auprès de N., elle a décidé de ne pas accepter la vie facile, préfabriquée qu'il lui proposait. Quelques mois après cette séparation, L.est à la recherche de la signification de la "normalité". Intégrée en société, après quelques histoires les plus abracadabrantes les unes que les autres, elle se retrouve prise au piège de ses sentiments. Sentiments qu'elle n'a pas vu venir à travers cette personne, sortant directement du passé. Entré comme par effraction dans sa vie, comment garder confiance en l'homme, en l'être humain après les comportements que certains ont pu avoir?

C., cette petite blondinette souriante, tente malgré ses soucis sentimentaux de garder le cap. En s'appuyant sur ses amis, elle est également à la recherche de l'authenticité de ses sentiments et des rapports humains. A force de consensus, de discussions avec son compagnon actuel, ses sentiments l'ont conduit dans des méandres, dans un labyrinthe qui semble aujourd'hui inextricable. Dans ce labyrinthe du Minotaure qu'est devenu sa relation, elle est en quête du fil d'Ariane qui saura lui faire trouver l'issue et la fin de ses questionnements pour enfin retrouver sa serenité.

A. est la plus jeune de la bande. Timide et plus réservée que les autres, elle est sans doute encore à la recherche de ses objectifs de vie. En quête de reconnaissance, c'est avec grand intérêt qu'elle écoute les débats de ses amis. Souffrant en silence de sa précédente relation, A. rit, sourit, écoute toujours en silence, à l'abri du regard des autres, en toute discrétion. Discrétion qui la caractérise et la rendent si touchante. Elle se demande tout de même, au fil de la soirée, comment la vie a pu autant abîmer son entourage. Comment certains ont pu se forger une carapace pour se protéger des agressions extérieures.

Y., piquante et déterminée, vient de faire la connaissance d'un jeune homme depuis peu. Discrète sur ce nouveau départ, elle reste tout de même marquée par cette relation dans laquelle est s'est investie et dont elle ressort blessée. Comme beaucoup, l'équilibre a eu du mal à se former et a amené sa précédente relation à une séparation. Engagée dans sa vie, Y. se demande encore où va mener cette nouvelle rencontre. Mais il est encore trop tôt pour le dire. L'évolution est notable: désormais, la prudence sera sans doute son premier conseiller conjugal.

J., l'homme du groupe, est sans doute celui qui est le plus à nu face à ses sentiments. Resté quelques mois en couple avec une certaine M., il a entretenu une relation tantôt extrême, tantôt passionnelle et chaotique avec une autre C., désormais partie à l'autre bout du monde. Son problème est tout autre: comment gérer cette évidence ce flot de sentiments, ce tsunami d'évidences qui vient à lui? Après le départ de C., il s'est rendu compte qu'il tenait à elle plus qu'il ne voulait se l'admettre à l'époque. Refus, manque, passé douloureux et autre choix, au goût amer d'ultimatum ou de chantage affectif ont décidé de se donner rendez-vous dans sa vie, à cet instant précis. Comment faire face, prendre du recul entre rationalité et passion destructrice?

Le point commun entre tous ces personnages, pas si fictifs que ça: c'est que bien que chacun porte un masque en société et sait s'adapter dans différents environnements, chacun gère à sa façon son rapport à la vie et à la solitude. Certains choisissent la solitude comme amie fidèle qui ne saura pas décevoir. Amie de tous les jours, la solitude a cet avantage qu'être unique et stable. D'autres analysent encore la solitude comme la pire des situations, comme une souffrance injuste, telle une punition qu'on leur aurait infligée sans avoir rien demandé.

Mais parce que derrière la vie politiquement correcte des uns et des autres, nous avons tous cette amie en commun, avec qui nous entretenons des relations plus ou moins sereines. De l'autre côté du miroir, nous entretenons des rapports conflictuels avec cette dame qui traverse notre existence, constamment accompagnée de son double douloureux qui est le doute.

dimanche 27 décembre 2009

Parce qu'un simple "Bonne année" ne suffit pas


Il est souvent trop aisé de balancer de façon automatique un "Bonne année, meilleurs vœux" etc... à l'oral ou à l'écrit, sans le penser. Pour beaucoup une fois le message envoyé, il perd aussi rapidement tout son sens, tant l'hypocrisie et la dépersonnalisation sont flagrantes et transpirent dans le message...

2009 fut une année bien chargée pour nous tous, négativement comme positivement. 2009: année de la déception? De l'accomplissement? De la (re)-construction? De la concrétisation? De la remise en question? Du bonheur? De la poisse et de la merde totale? Peut-être tout ceci à la fois...

Chaque fin d'année, c'est le même dilemme: l'heure des bilans et de la mise en abîme. Désormais, il est coutume de se donner rendez-vous à la même période pour peser les bonnes et mauvaises actions de l'année passée. Souvent, l'amertume des occasions ratées prend le pas sur les réussites accomplies: soit par esprit de compétition, soit par désir d'excellence et de perfection. Car l'être humain est par essence un être éternellement insatisfait, sans cesse en quête d'absolu.

La souffrance, la déception et la trahison furent le lot de beaucoup d'entre nous, pauvres humains à la recherche d'un salut, d'une reconnaissance, d'une réponse... D'autres ont eu cette chance de connaître d'entrouvrir une fenêtre donnant sur le bonheur: naissance, mariage pour les plus simples, promotion, héritages pour les plus pragmatiques... Joies futiles, larmes blessantes, rires étouffés, pudeur contenue ont fait notre quotidien durant 365 jours.

Toujours est-il qu'à chacun de vous, je vous souhaite une excellente année 2010. Que cette nouvelle année soit celle de la renaissance, du renouveau et de l'accomplissement. Comme le phœnix de la légende, je vous souhaite de renaître plus fort de vos cendres, d'avoir foi en vous et d'aller au delà de vos limites. Telle la boite de Pandore, laissez les maux se répandre et accabler l'humanité: que Vieillesse, Maladie, Guerre, Famine, Misère, Folie,Vice, Tromperie et Passion fassent leur oeuvre. Le seul présent qu'il nous reste est désormais le timide Espoir: ultime consolation face à toutes les calamités ? Ou peut-être le pire des maux, la plus affreuse des tortures psychologiques ?
N'ayez pas peur de l'ambition, donnez-vous les moyens de votre existence car dans cette grande pièce de théâtre qu'on appelle "vie", tout est question de choix, d'opportunités et de défis. Que le courage d'exister vous accompagne tout au long de cette année. Que 2010 vous donne la force d'affronter et de triompher des fantômes du passé que trop souvent nous hébergeons dans les bas fonds les plus obscurs de nos âmes.

Et comme dirait Mme Evans, keep the faith...

mercredi 16 décembre 2009

La phrase qui coûte un bras

L'amour, sentiment éternel de liberté et d'emprisonnement à la fois, a toujours été au coeur même du fonctionnement du monde.

Or l'amour, la stabilité sentimentale est devenu un confort, un luxe voire même un caprice que certains des générations actuelles refusent de s'offrir. Car il faut l'avouer : le sentiment amoureux s'est précarisé au XXIème siècle. Autrefois, à l'époque de nos parents et de nos grands-parents, l'engagement devant le sacré (mariage religieux) et la société (mariage civil) constituaient de véritables symboles distinctifs d'appartenance sociale. L'affaiblissement de la tradition a considérablement fragilisé l'engagement solennel du mariage, désormais concurrencé par le concubinage, le divorce, le PACS/déPACS et la séparation devenue monnaie courante.

Plus que jamais épris de liberté, l'être humain teste les relations amoureuses, s'essaie à plusieurs terrains de jeu, sous couvert d'expérience. Et c'est précisément là que le bât blesse les générations antérieures : c'est qu'aujourd'hui, les hommes et les femmes se forment à l'amour comme un étudiant se forme à son futur métier. Entre périodes d'intense bonheur et d'épreuves douloureuses, il faut tout de même admettre que désormais, l'attachement amoureux n'est plus régi par une sacro sainte règle de la linéarité. Au contraire, entre euphories, bonheurs et traumatismes, le jeu de l'amour est plus que jamais ouvert à toutes les opportunités.

Entre démagogie et immoralité, quel est la nouvelle définition du mot "aimer" ?

L'être humain a cette faculté de renaître de ses cendres, tel le légendaire Phoenix, du moins émotionnellement parlant. Blessé par la vie, brisé par les déceptions, comment fait-on pour revenir à une vie "normale"? A chaque renaissance, les sentiments changent et se modifient au gré des expériences de la vie de chacun. Sans doute les fonctions essentielles de l'homme sont-elles d'aimer, de protéger, de chérir, de détester, de haïr, de détruire et ce, à des moments différents de sa vie.

Récemment, un ami proche m'a confié avoir sorti LA PHRASE qui coûte un bras, à savoir "Je t'aime" à son amie actuelle. Quel courage il lui a fallu, mais vraiment: QUEL CRAN!

Bon repartons du début et tentons de comprendre pourquoi ce genre de phrase jusque là très banale finit par coûter une blinde psychologique, pour nous faire suer le front à grosses gouttes.

Au début de notre vie amoureuse, chacun d'entre nous est vierge sentimentalement parlant. Et de là commence l'apprentissage de la vie. La première déception amoureuse est souvent déterminante pour le reste de notre existence et comporte des effets sur notre personnalité et notre perception du monde. Puis suit la seconde, dont la séparation fut encore différente. Puis la troisième, la quatrième...et la énième...

Entre toutes ces histoires considérées comme "sérieuses" s'intercalent des histoires furtives d'une semaine, d'un week-end, de vacances, d'un soir, de quelques heures... Ce genre d'histoire purement physique répondant à un besoin immédiat égoïste: celui de posséder quelqu'un. C'est alors que nous entrons dans la peau d'un personnage, à l'aise socialement, sous son meilleur jour, souriant, agréable mais toujours avec les yeux du désir. Mais une fois l'étreinte terminée, le vide s'installe. Très vite, ce vide laisse place au malaise, puis au dégoût, face à la personne que nous sommes (temporairement) devenus...
Comment a-t-on pu donner son corps à quelqu'un que l'on connaît à peine? Quelqu'un qui est marié, quelqu'un de stupide, quelqu'un d'anonyme: en somme, quelqu'un avec qui aucune affinité n'est possible. Seule, l'affinité sexuelle peut exister mais de manière totalement éphémère.

Dès lors débute une période de cicatrisation, plus ou moins longue selon les individus, durant laquelle chacun doit faire le deuil de sa précédente relation. Aussi difficile soit cette cicatrisation, il s'agit là d'un pacte tacite qui demande de tuer tout sentiment vis-à-vis de l'autre en échange de la paix de l'esprit.

Et un jour, la vie reprend ses droits, sans crier gare. Sans s'en apercevoir, les plaies se sont refermées, mais à quel prix? Après tant de déchirements, de nuits blanches à chercher le sommeil, tant de regrets et autres questions sans réponse, la paix se négocie contre une carapace qui s'épaissit en avançant dans la vie.
Vivant avec cette forteresse dressée tout autour du cœur, nul ne peut y entrer: miradors, barbelés, mines anti-personnelles, radars anti-missiles, c'est l'armée de l'ONU qui protège ce qu'il reste de nos sentiments, ce qu'il nous reste de faiblesse humaine à dissimuler aux yeux du monde.

Alors comment faire pour arriver à nouveau à prononcer cette fameuse phrase qui coûte un bras? Cette seule phrase qui veut simultanément tout dire, tout en étant d'une banalité quelconque. Cette phrase porteuse d'espoir qui se relève être en même temps sacrificielle?

Que se passe-t-il le jour où, malgré tout le dispositif mis en place autour de la bande de Gaza, l'ennemi s'infiltre?...

dimanche 29 novembre 2009

Un peu de fidélité en ce bas monde


En tant qu'êtres humains, nous sommes confrontés à la solitude, donnée immuable de notre code génétique. Qu'on la subisse ou qu'on aille à sa rencontre, cette forme d'isolement fait partie intégrante de notre existence.

C'est alors qu'au détour d'une soirée, d'un anniversaire, d'un cours d'histoire ou de science politique, on commence à discuter avec la personne en face, notre voisin de pupitre ou appartenant au groupe d'à côté. Cette personne là qui nous semble bien sympathique, à l'esprit ouvert et bizarrement qui partage les mêmes centres d'intérêt que nous et relève avec brio la discussion en cours.

Commencent alors les rendez-vous réguliers: téléphone pour prendre des nouvelles, rendez-vous shopping pour dévaliser les boutiques, rendez-vous en soirée pour aller y mettre une joyeuse pagaille... Puis un jour, cette même personne vous appelle, quelque chose ne va pas, besoin de se confier. On va alors se poser quelque part, balade dans un parc, café à l'abri des regards, un resto, un petit déjeuner, à 10h37, 13H54 ou 4H19 du matin... Et on parle, mais contrairement aux précédents rendez-vous, on ne parle pas de la dernière beuverie, de la dernière blague ou autre rencard foireux qu'on vient de faire.

Non, cette fois on parle de nous, de toi et de moi. Pourquoi aujourd'hui précisément as-tu ressenti le besoin de me parler, de te confier à moi? Pourquoi au moment où tu étais le plus en détresse, as-tu fait appel à moi? Pourquoi me désigner de façon si violente comme étant le garant de ta vie? Et, par une alchimie indéfinissable, une première porte s'ouvre, puis une deuxième, une troisième... jusqu'à faire entrer de façon consciente cette personne en notre maison, dans notre âme, dans notre vie, en faisant sauter tous les verrous. A quoi bon résister? Ces mêmes individus se sont déjà emparés de la clé de votre esprit au premier contact...

Là, je ne vous parle pas d'amour, quoiqu'il s'agit d'une forme d'amour différente: là je vous parle d'amitié, de ces gens qui s'intéressent à notre vie sans arrière-pensée. Ceux qui sont présents dans les moments les plus pénibles, comme les meilleurs moments de notre vie.

Ces personnes qui entrent un peu par effraction au plus profond de nos esprits, de nos âmes, en une fraction de seconde. Ces individus à qui l'on peut confier nos âmes en souffrance, en plein questionnement, prêt à apporter un peu de salut, de sérénité dans notre vie d'être humain tourmenté.

Ces gens là sont anonymes et ordinaires. Mais parce qu'ils sont entrés dans notre vie, ils appartiennent à l'Histoire, à notre histoire et font de nous des personnes importantes. Non pas au regard de l'humanité entière, mais parce qu'à travers leurs yeux, les échanges, des heures de discussion... nous existons tout simplement.

Parce qu'à travers eux, nous nous sentons vivants, désarmés, perdus, émus.

Merci à mes amis de faire partie de ma vie.